RENOIR
Renoir : peintre de la sensualité pudique et du bonheur
Auguste Renoir (1841-1919), né d’un milieu modeste à Limoges, père tailleur et mère couturière compte à son actif plus de 4000 œuvres. Le jeune Renoir débute sa peinture en copiant des scènes galantes de Boucher et Fragonard, sur la porcelaine de Sèvres.
Vingt ans et la promesse d’une vie florissante, au cours desquels, il intègre l’école des beaux-arts et rencontre ses compagnons de chevalet : Claude Monet, Frédéric Bazile et Alfred Sisley. Après le premier déclic de la peinture en plein air impulsée par Eugène Boudin à Monet, la bande part en canotage aux bords de la Seine, de la Marne, puis en forêt de Fontainebleau.
D’une palette sombre et réaliste alors influencée par Gustave Courbet, Renoir commence par peindre des scènes de vie de quotidienne (réunions conviviales, tendresse et galanterie) avec pour modèle son entourage. Sa singularité brille dans la suggestion de l’acte amoureux laissant à l’imagination le soin de finir l’histoire.
Mais arrive la photographie ! Et naturalisme et réalisme se voient menacés.
« Un matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme est né. », c’est en ces termes que Renoir évoque la naissance de ce mouvement, peinture du plein air, du temps et de l’instant, jeux de lumière et variations de couleur. Sublimé par l’artiste, l’objet de la peinture doit se ressentir. Ce mouvement révolutionnant les codes classiques de l’art, il se distingue de la photographie si bien que leurs premières expositions tutoieront sans complexes les clichés de leur légendaire ami Nadar.
D’une vie légère, riche de rencontres sans lendemain, et pourtant marquée par les vicissitudes de la vie dont la perte tragique de son ami et soutien financier, Frédéric Bazile en 1870, Auguste Renoir ne représentera jamais la tristesse et les difficultés, mais au contraire, le bonheur et les scènes de soupirants de demi-mondaines, au cœur des guinguettes, en toute pudeur.
Au « Bal du moulin de la galette », n’entendez-vous pas cette symphonie lumineuse, la vibration des couleurs qui anime la toile ? N’êtes-vous pas entrainés par ce tourbillon de couleurs chaleureuses, joyeuses et dansantes ?
Après la rencontre d’Aline et la naissance de ces trois fils, sa peinture change de cap et apparaissent portraits familiaux et innocence enfantine. Autour de 1881, il pense l’impressionnisme autrement que ses pairs, se détache du groupe, soucieux de réinstaurer dans sa palette vibrante le dessin et les grands formats.
Atteint de rhumatismes déformants sur ses dernières années, il s’exile en Provence à Cagnes-sur-Mer où il vivra ses fantasmes amoureux à travers ses peintures imaginaires et sensuelles comme le témoignent ses cariatides.
Si Monet a marqué le mouvement impressionnisme par son traitement des paysages, Sisley par les phénomènes atmosphériques, Pissarro par la campagne, Degas par les corps en mouvements, Renoir sera le roi indéniable de la joie, la fête et la sensualité.
Venez-le découvrir au musée d’Orsay qui expose actuellement ses dessins d’une part et ses tableaux sur le thème de l’amour d’autre part.
Sophie Tornier, peintre, poète et romancière