TOLERANCE ET PATIENCE
De la tolérance et de la patience
« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » Mohandas K. Gandhi
« La tolérance est une vertu qui rend la paix possible. » Kofi Annan
Nous pouvons en avoir conscience et l’observer, nous manquons souvent de tolérance et de patience. La tolérance, n’est-ce pas accepter les différences et les opinions des autres. Mais cela exclut-il de faire des remarques, d’analyser une opinion, de se positionner face à une affirmation personnelle ? La patience, n’est-ce pas savoir écouter et observer en demeurant silencieux ?
Etre patient, c’est certainement être tolérant. Car patience et tolérance sont des qualités qui s’accordent pour l’accomplissement humain. La tolérance n’est-elle pas indispensable pour celui qui souhaite comprendre les autres, et il lui faut de la patience, car les comportements humains sont fluctuants, ils changent suivant les humeurs et les désirs qui nous assaillent au quotidien.
L’individu intolérant rejettera tous ceux qu’il rencontre, tous ceux particulièrement dont les caractéristiques physiques ou intellectuelles ne lui conviendront pas, et cela suivant ses propres critères et interprétations, qui sont toujours des conditionnements. Cette attitude le rendra incapable de discerner les aspects positifs des autres, leurs valeurs et potentialités, même si celles-ci sont peu évidentes au premier abord. Il oubliera que chaque individu n’est ni bon ni mauvais ; il s’agit simplement de déceler ses capacités positives et de l’aider à les cultiver.
Par conséquent, ne faudrait-il pas apprendre aux enfants, dès leur plus jeune âge, à être tolérant ? Leur apprendre à discerner chez les autres les qualités les plus précieuses et à ne pas exagérer leurs défauts, d’autant que beaucoup de défauts ne le sont qu’à un moment donné de la vie. Quand leur champ de conscience s’élargira, les adultes qu’ils seront alors auront honte de leur intolérance. Pour arriver à cela, il faut apprendre à être patient ; il faut apprendre à écouter ; il faut apprendre à être présent à l’autre sans discrimination quelconque.
Il y a de nombreux exemples historiques où des autorités soi-disant prestigieuses, les églises ou les clans qui gouvernèrent, ne réussirent jamais à reconnaître la valeur intellectuelle ou morale de certains de leurs compatriotes à leur époque. Beaucoup de leaders eurent un esprit étroit et, encore aujourd’hui, nous observons chez beaucoup leur intolérance et leur caractère autoritaire ; aujourd’hui, comme hier, ils fonctionnent avec un regard très restrictif voire une idéologie. Apprendre à ne pas rejeter ou à repousser l’autre, d’une façon ou d’une autre, permet la patience. Et cette patience et cette tolérance doivent être, en premier lieu, les qualités premières et essentielles de tous les éducateurs, s’ils veulent transmettre adéquatement les connaissances dont ils sont les dépositaires.
L’histoire récente, avec les conflits anciens ou actuels, montre que ces conflits résultent, pour une bonne part, de l’intolérance, du rejet des autres parce qu’ils sont différents, de l’exclusion. Un jour, ceux qui sont rejetés ou exclus se rebellent. Car qu’observons-nous ? Une ethnie contre une autre ethnie, une croyance contre une autre croyance, une idéologie contre une autre idéologie. Le ver de ces conflits est l’intolérance. Tout conflit semble avoir pour base un problème sociétal, de croyance, de coutumes, d’usages ancestraux souvent obsolètes.
Développer la tolérance est certainement un moyen grâce auquel nous pouvons élargir notre champ de conscience. Elle devrait être l’un des piliers de l’éducation.
Didier Du Blé, poète