CEPENDANT, IL FAUT GARDER L'ESPOIR A COEUR

Publié le par Le Syndicat des journalistes et écrivains

« Lorsque je jette mon regard tout autour, je rencontre les ruines d’une orgueilleuse civilisation qui s’écroule et s’éparpille en vaste amas de futilités. Pourtant je ne cèderai pas au péché mortel de perdre confiance en l’homme : je fixerai plutôt mon regard vers le prologue d’un nouveau chapitre dans son histoire, une fois que le cataclysme sera terminé et que l’atmosphère sera rendue avec l’esprit de service et de sacrifice (…). Un jour viendra où l’homme, cet insoumis, retracera sa marche de conquête, malgré toute barrière, afin de retrouver son héritage humain égaré. » Rabindranath Tagore, in La Crise de la civilisation.

 

Ce monde (l’humanité, la société mondiale) qui ne veut pas voir son agonie, persiste dans ses pensées et habitudes obsolètes. Pourtant, peut-on rester aveugle, réellement, devant les événements qui se produisent depuis quelques années ; et n’est-ce pas demeurer dans une absolue insouciance, devant la réalité, que d’ignorer des faits observables. A l’approche d’un désastre, les êtres humains sont encore plus frivoles, préférant s’amuser et se divertir au-lieu de retrouver ce qui les anime intérieurement, dans leur cœur.

Plus qu’une crise de la civilisation, ou du monde moderne, dont quelques auteurs signalaient déjà les problèmes qui émergeaient à leur époque, indiquant la nécessité de mieux contrôler la mécanisation et la technologie, afin que l’humain ne devienne pas esclave d’une soi-disant modernité qui ne lui apporte qu’un relatif confort, simplement matériel ; pouvons-nous dire que c’est une profonde crise de l’être humain, une crise spirituelle, une crise des êtres humains qui se sont éloignés des valeurs dont ils étaient pourtant porteurs et les garants pour l’évolution de l’humanité. Les êtres humains se sont détournés de ces valeurs, au profit du matérialisme et de ce qu’il a entraîné, laissant de coté ce qui est le fondement même de l’être humain. L’homme, penseur et créateur, n’est plus qu’un individu (il y a de nombreuses exceptions fort heureusement) qui ne répond qu’à ses instincts et désirs les plus grossiers, aveuglé et ignorant. Nous l’observons aujourd’hui à tous les niveaux de la société.

Comment l’humanité pense-t-elle poursuivre son cheminement, sans qu’il y ait à un moment destruction et souffrance ? Car l’égoïsme, l’exclusion, la compétition et le non respect de la Nature et de ses quatre règnes, sont les symptômes d’une société malade psychiquement et physiquement. Et les injustices découlent de la perversion d’individus qui se sont octroyé des pouvoirs, dont celui de la domination sur leurs semblables par le mensonge, le chantage et l’argent.

Même si toute chose est éphémère, chaque être humain, avec sa vie et ses pensées, a une responsabilité dans l’évolution et le devenir de l’humanité. Et il ne peut y avoir de retour en arrière, l’évolution de l’humanité, sa marche en avant, c’est aussi l’évolution et la marche en avant de chacun de nous.

 

Didier Du Blé, poète

 

Publié dans 380 - 1er Tri 2024

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