GEORGE SAND revient avec FREDERIC CHOPIN et La Note Bleue (*)
De retour, notre George ? Non, pas vraiment, car elle ne peut disparaître tant les romanciers -ères sont légion à vouloir la remettre au goût de chacun de nos jours, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Catherine Hermary-Vieille a bien compris que, pour faire lire sur cette toujours célèbre écrivaine, il fallait innover ou du moins faire croire à des trouvailles inédites : « George Sand Les carnets secrets d’une insoumise » est construit selon une vie romancée de George Sand ; comme si la réalité ne se suffisait pas à elle-même.
La fiction, ici, fait entrer en scène les deux principales actrices de cet ouvrage, George Sand et sa fille Solange. Cette dernière a découvert, après la mort de sa mère, des carnets secrets de l’écrivaine : Solange les lit et, sous forme de réponse, George Sand déroule la trame de sa vie. C’est ainsi un va-et-vient entre les deux femmes.
Divers auteurs se sont essayés à décrypter la personnalité de Solange, en écho aux comportements maternels pas toujours altruistes de George Sand. Il y avait parfois, c’est une évidence, un antagonisme farouche entre ces deux femmes de caractère qui cherchaient à se damer le pion en toutes occasions. Solange, jeune élève du génie que fut Frédéric Chopin, s’avère vite devenir la rivale de sa mère. Les élans passionnels de George Sand envers Chopin, leurs errements d’amants épris ou éloignés n’altèrent jamais l’admiration que l’écrivaine voue au grand homme.
L’auteur de cet ouvrage s’appuie « sur des faits avérés » qui saupoudrent ce roman, certes, mais Le romande la vie cachée de George Sand n’est pas bâti sur une vie cachée, lorsque, parmi tant de biographies, de correspondances de George Sand et de son Histoire de ma vie, on apprend déjà tellement de sa vie intime et de sa vie publique, dans la fréquentation d’amis et de personnalités artistiques et politiques. Enjoliver les faits, un travail d’écrivain ?
Le George Sand de Catherine Hermary-Vieille est un ouvrage audacieux qui se lit avec facilité, sans ennui de la part du lecteur, c’est son mérite.
Il est néanmoins regrettable que Catherine Hermary-Vieille ne cite aucune de ses sources.
(*) Un soir d’été à Nohant où Frédéric Chopin est au piano, George Sand dira : « Et puis la note bleue résonne et nous voilà dans l’azur de la nuit transparente » (George Sand, Impressions et souvenirs).
GEORGE SAND LES CARNETS SECRETS D’UNE INSOUMISE, par Catherine Hermary-Vieille
XO Editions 2014
La Rédactrice en chef