CINEMA par Christian GREGOIRE

Publié le par Le Syndicat des journalistes et écrivains

CINEMA par Christian GREGOIRE

Entre deux mondes, de Fao Aladag

En Afghanistan, où il a perdu son frère, un officier allemand est chargé de seconder les chefs d'un village en lutte contre les talibans. Ce film de guerre est très explicite sur la violence sur le terrain, et impressionnant de réalisme et de lucidité.

Iranien, de Mehran Tamadon

Ce formidable documentaire met face à face quatre mollahs et le réalisateur, un Iranien athée, exilé en France. Pendant deux jours, sous le même toit, ils discutent de ce qui les séparer et de ce qui pourrait les rapprocher. Drôle mais aussi dérangeante, l'expérience est passionnante.

La French, de Cédric Jimenez

Polar haletant et efficace, dominé par l'interprétation de Gilles Lelouche et Jean Dujardin, et inspiré de l'histoire vraie de la Franche connection dans le Marseille des années 70.

Les héritiers, de M-C.Mention Schaer

Pour encourager une classe dite « difficile », une enseignante d'histoire très motivée propose au élèves de participer à un concours national lié à la Résistance et à la déportation. D'abord réticents, les enfants se sentent ensuite complètement imprégnés de ce devoir d'histoire. Contrer la morosité écrasante et prouver les bienfaits de l'éducation scolaire, tels sont les desseins de ce film clairement pédagogique.

Mr Turner, de Mike Leigh

Autoportrait impressionniste de l'artiste grognon, Joseph Turner qui marqué le début du XXIe siècle, et joué de main de maître par Timothy Spall. Le peintre paysager, porté peu à peu jusqu'aux limites du figuratif, devient pour le réalisateur le chroniqueur élégiaque d'un monde perdu.

A most violent year, de J.C.Chandor

Polar haletant et dépouillé dans le New York sauvage des années 1980, ce film qui monte en puissance et à l'humour acide met en scène Abel Morales, un entrepreneur immigré aux Etats-Unis parti de rien qui tente de bâtir un empire pétrolier avec l'aide de sa femme (Jessica Chastain, sans scrupules aucun), héritière d'un magnat déchu de l'or noir. L'action se passe aux Etats-Unis et en France, en 1981 lorsque la violence était telle à New York que la police se trouvait complètement dépassée. Abel Morales se retrouve aux prises avec une série d'attaques brutales et anonymes contre son entreprise et ses employés et tente désespérément de protéger ses biens et sa famille.

L'entrepreneur est sans états d'âmes et n'a peur « que de l'échec », mais veut rester dans le droit chemin, alors que sa femme et son avocat (Albert Brooks) le poussent à prendre des mesures plus radicales pour faire cesser les agressions. C'est un film qui interroge aussi sur l'escalade de la violence, la façon dont un seul acte se répercute sur toute la société.

Pasolini, de Abel Ferrara

« Scandaliser est un droit, être scandalisé un plaisir »: les mots de Pier Paolo Pasolini peu avant sa mort résument la vie de cet intellectuel ngagé et subversif dont les dernières heures sont racontées dans ce long métrage qui exhale des relents de soufre, sans doute en raison de l'association de trois maîtres dans l'art de la transgression: Pasolini, Ferrara et Willem Dafoe, qui campe un Pasolini très ressemblant. Le film recèle son lot d'inconvenances, montrant un Pasolini tel qu'en lui-même, lucide sur la décadence de son temps. Homosexuel et marxiste, il a eu plusieurs fois maille à partir avec la justice, notamment pour détournement de mineurs avant d'être acquitté, puis pour obscénité pour son livre « Une Vie violente », affaire qui se terminera par un non-lieu. Le film qui raconte les heures menant le cinéaste à sa mort dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, abandonne régulièrement le mode biographique pour des digressions sur le tournage de « Salo ou les 120 jours de Sodome ».

Publié dans N° 344

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :