THEATRE par Christian GREGOIRE

Publié le par Le Syndicat des journalistes et écrivains

THEATRE par Christian GREGOIRE

Regardez mais ne touchez pas, de Théophile Gautier – mise en scène de Jean-Claude Penchenat

Le cheval de la reine d'Espagne s'est emballé. Il faut la sauver ! Mais suivant l'étiquette, tout homme qui touche la reine sera puni de mort. Sa suivante a promis sa main au sauveur de la reine. Un imposteur fanfaron et un héros romantique se présentent. S'ensuit un comédie cocasse, pleine de quiproquos, de duels et de rendez-vous amoureux. Penchenat a déniché une pièce de Théophile Gautier jamais jouée, dans la veine de son roman « Le Capitaine Fracasse ». Pastiche du drame romantique et de la comédie de cape et d'épées, théâtre dans le théâtre, alliant dérision et burlesque, ce spectacle ce spectacle est enlevé et joyeux.

Théâtre du Ranelagh – Paris 16e

Les 7 jours de Simon Labrosse, de Carole Fréchette – mise en scène de Cendre Chassanne

Voici là une pièces en sept séquence drôles amères, qui racontent au jour le jour une semaine de Simon, chômeur inventif jamais à court d'un rêve pour conjurer sa difficulté à survivre ; son ami Léo lui, est négatif au point de trébucher sur tous les mots qui expriment l'espoir. Nathalie accompagne Simon dans ses trouvailles. Ainsi, ce trio inventif et insolent se joue du mal-être. Les acteurs sont vifs et attachants, dans cette pièce claire, poétique, et facétieuse.

Théâtre du Lucernaire – Paris 6e

Le roi se meurt, d'Eugène Ionesco – mise en scène de Georges Werler

Lorsqu'il écrit cette tragédie grotesque, en 1962, Eugène Ionesco vient tout juste d'échapper à la mort. Sans doute est-ce pour cela qu'il trouve des mots poignants pour dire son amour absolu de la vie, même dans ce qu'elle a de plus ordinaire, de plus vulgaire… Michel Bouquet a bien souvent interprété ce rôle, où il est passé maître dans la bouffonnerie comme dans le pathétique. Une fois encore il apporte au vieux roi des accents tout ensemble enfantins et métaphysiques, comme s'il était passé, déjà, de l'autre côté du temps. C'est de l'art. Et de l'émotion.

Théâtre Hébertot – Paris 17e

La colère du Tigre, de Philippe Madral – mise en scène de Christophe Lidon

Cette pièce raconte l'histoire, assez méconnue, de la rencontre de deux fortes personnalités, GeorgesClémenceau et Claude Monet. Les deux hommes ne sont plus très jeunes. Veufs tous les deux. La pièce se déroule chez Clémenceau. Le texte est habile, bien documenté ; les répliques font mouche. La présence de la vieillesse, de la solitude, et surtout la proximité de la mort sont bouleversantes. Ente ces deux amis, c'est surtout cette angoisse là dont il est question. Claude Brasseur est exceptionnel dans le rôle du Tigre, surnom attribué à Clémenceau et à son énergie débordante.

Michel Aumont faitu n peintre, plus résigné à sa condition, mais si touchant quand, avec ses yeux fatigués, il ausculte les couleurs de l'océan. Le déclin de formidables personnalités pleines d'énergie est ici incarné par d'immenses acteurs.

Théâtre Montparnasse – Paris 14e

Didier Porte – A droite ! (one man show)

« Les électeurs de droite regrettent Sarkozy ; les humoristes de gauche, aussi ». Fort de ce constat, Didier Porte a décidé de changer de camp affirmant même malicieusement « Mort à l'assistanat . Vive le darwinisme social dans la bonne humeur, la xénophobie joyeuse et la brutalité policière souriante ». Bien sûr c'est du troisième degré, et c'est "pour de faux". Didier Porte reste évidemment égal à lui-même : la droite, la gauche, les extrêmes, rien n'échappe à son ironie mordante. Voilà qui va ravir ses fans !

Théâtre Trévise (mercredi)

Publié dans N° 343

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