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Publié le par Le Syndicat des journalistes et écrivains

MOI, PIERRE QUARRE COMTE D'ALIGNY, mousquetaire du Roi, édité par la librairie Vuibert

Cet ouvrage historique nous conte les mémoires de Pierre Quarré comte d'Aligny qui fut mousquetaire du roi. C'est au crépuscule de sa mort, qu'il prend la plume et se remémore ses campagnes passées. Ses blessures le font bien souffrir : chacune lui rappelle un champ de bataille. Pierre Quarré a dédié sa vie au service du roi Louis XIV. Sa fidélité au monarque est infinie, mais il se méfie des courtisans qui l'entourent, dont Louvois au premier chef. Pierre Quarré fait un portrait sévère de toutes ces personnes qui gravitent autour du souverain. Son autre idole, c'est d'Artagnan. Il fut son premier commandant, le mousquetaire par excellence, devenu une légende et immortalisé par Alexandre Dumas dans son roman épique sur les mousquetaires,

Ses mémoires publiées ici pour la première fois dans leur intégralité redonnent vie aux mousquetaires qui faisaient trembler l'Europe de Maastricht à la Catalogne. Point de fanfaronnade dans l'héroïsme : Le Comte d'Aligny ne sait pas mentir, il nous montre la cruauté quotidienne de la guerre autant que la bravoure des soldats.

Voici un témoignage qui transportera le lecteur dans le monde fascinant des armées de Turenne et de la cour du Roi-Soleil. Ce livre vous plongera au cœur des différentes campagnes guerrières et autres batailles auxquelles Pierre Quarré participa dont le fameux siège de Maastricht qui vit tomber d'Artagnan.

Cet ouvrage est l'histoire d'un homme qui, à vingt ans, s'est engagé dans la compagnie des Mousquetaires à cheval de la garde du roi. « Le brave d'Aligny », comme le surnommait Louis XIV, s'est illustré par une conduite héroïque pendant les campagnes militaires les plus glorieuses du Roi-Soleil. Pierre Quarré, comte d'Aligny était un compagnon d'armes recherché. Cet homme d'honneur y peint sans ambages une époque de rêves et de sang où Louis XIV fut « le meilleur maître du monde »

Ces mémoires sont préfacées par Odile Bordaz, historienne et docteur en histoire de l'art. Conservateur du patrimoine, elle est actuellement administratrice du château de Vincennes pour le Centre des monuments nationaux,

Un livre passionnant pour tous les amoureux de l'Histoire de France et pour ceux qui veulent découvrir ce qu'était sous Louis XIV la vie d'un mousquetaire du roi.

Patrick Dubois

CONVERGENCES de Christine Brunet, éditions Gascogne

Sorti au milieu de l'automne, ce nouveau thriller de Christine Brunet nous fait découvrir après Axelle de Montfermy un nouveau personnage féminin en la personne du docteur Gwen Saint-Cyrq.

Avec cette nouvelle héroïne, Christine Brunet nous offre un personnage très différent, une personnalité sombre et ambiguë qui sort d'une retraite volontaire après une sombre histoire où l'un de ses collèges s'est suicidé et où notre héroïne est rendue responsable de cette mort. Membre du SIRC (service d'investigations et de recherches criminelles), son ancien patron vient la rechercher après qu'une enquête administrative l'ait blanchie ! Le commissaire Marsan la missionne pour traiter une sombre affaire de trafic d'art dans le Périgord autour de la très jolie ville de Sarlat. Dans cet épisode périgourdin, les cadavres ne manquent pas et les pistes pour dénouer l'affaire sont multiples, un vrai Cluedo pour savoir qui fait quoi, qui tue qui ! Partie pour retrouver deux anciens collègues, Gwen Saint-Cyrq devra enquêter, avec l'aide de Signac le frère de son ancien collègue retrouvé mort et qui rêve de vengeance vis à vis d'elle.

Les frères Signac ne sont pas sans rappeler par instant les frères Shéridan des précédents romans. Les pièces de ce puzzle s’amoncellent et les hypothèses s'effritent les unes après les autres. L'auteur nous fait découvrir les châteaux de la région aux multiples cachettes, souterrains en tous genre où se mêlent truands, gendarmes ripoux, disparitions, explosions, meurtres sans toujours comprendre qui fait quoi, tant la dame Brunet adore comme à son habitude brouiller les pistes ! Vous croyez avoir compris une hypothèse ? Erreur dans les pages suivantes, une nouvelle situation vient d'éclore vous enlevant vos certitudes jusqu'au dénouement final... que je vous laisse découvrir pour la partie concernant le Périgord.

Car au départ « Convergences « c'est l'histoire d'un casse hors norme mené par le « Renard » un cambrioleur de génie qui a volé une collection exceptionnelle de diamants dans une exposition à Dubaï. Et ce vol de diamants va dans la seconde partie de ce thriller nous faire faire la connaissance des « sœurs » de Gwen adoptées par le «Renard » Diane, Aphrodite et Vénus...

Là aussi les morts, les disparitions, les explosions, les corps dépecés, des hommes véreux jusqu'à la moelle vont donner du fil a retordre à Gwen et à ses sœurs. Les diamants seront-ils retrouvés ?

« Le Renard » est-il mort ? Qui manipule qui ? Il faudra tout le talent, l'intelligence de Gwen Saint Cyrq pour dénouer cette sombre affaire de vol mais aussi de vengeance non assouvie.

« Convergences » n'a rien à envier aux précédents thrillers de Christine Brunet, il est parfaitement bien ficelé, il tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, sans temps mort, un vrai roman noir qui par instant fait peur. Christine Brunet nous propose un livre idéal pour les soirées d'hiver à lire bien au chaud dans fauteuil au coin de la cheminée un alcool fort à portée de main. On ne peut pas trop décrire les situations de cet ouvrage, il faut que le lecteur se plonge dans « Convergences » et s'imprègne de ces multiples histoires aux nombreux rebondissements afin d'y connaître le dénouement final. Si vous êtes amateur de vrais thrillers, si vous avez aimé « nids de vipères », « dégâts collatéraux « « Poker menteur »... vous adorerez « Convergences » qui ne restera pas sans suite, puisque Christine Brunet a déjà écrit une suite avec Gwen Saint Cyrq qui s’appellera « Vénus en Ré » Christine Brunet a également achevé un autre thriller SF plus noir où l'on retrouvera ensemble ces deux héroïnes Axelle de Montfermy et Gwen Saint-Cyrq à découvrir dans les mois à venir.

Preuve que cet auteur a beaucoup de talent et je le dis depuis son premier thriller, les livres se vendent bien, les dédicaces s'enchaînent. Si vous êtes en Bourgogne-Franche-Comté, sachez que Christine Brunet dédicacera ses livres le 21 mai 2016 à la librairie Guivelle à Lons le Saunier. Venez découvrir un auteur sympathique, vous ne serez pas déçu, elle est charmante et attachante Christine Brunet, qu'on se le dise !

Pour en savoir plus sur l'auteur n'hésitez pas à aller sur http// www.christine-Brunet.com

LE CLAN DES VAGABONDS de Carina Mac Laughlan ou LES CONFIDENCES DES CHEVAUX REVOLTES, éditions de L'Escargot Savant

Un livre magnifique pour tous les amoureux des chevaux que ce « Clan des Vagabonds » Il est le premier livre de Carina Mac Laughlan, une Ecossaise installée dans notre pays depuis une trentaine d'années. Elle est photographe d'art équestre. Depuis plus de 20 ans, cette passionnée des chevaux sauve des étalons déclarés irrécupérables qui au fil du temps sont devenus les muses vibrantes de ses photographies.

Au travers de cet ouvrage, l'auteur nous offre des photographies sublimes et des textes touchants, les confidences révoltées de ces chevaux condamnés par l'homme sans aucune raison valable. Carina Mac Laughlan a une proximité, une complicité, une attention, un lien indéfectible qui se sont développés entre elle et les chevaux et les photographies rendent compte de cet amour qu'elle porte aux équidés.

Son travail avec l'animal et autant de petites choses indicibles qui rendent ce dernier unique et percutant. Ces chevaux ont eu la chance de croiser son chemin à un moment donné de leur vie et ce dans une situation très compliquée pour eux. Elle les a aidés à s'en sortir et ils sont devenus « Le clan des Vagabonds » Dans ce livre l'auteur-artiste nous conte l'histoire de différents chevaux. L'illustration photographique en noir et blanc ou en couleurs est somptueuse, des photos de chevaux comme en voit très rarement. On sent à travers ces clichés l'amour du cheval qui transparaît.

Carina Mac Lauglan offre à notre regard et à notre conscience une vision du cheval sans concession, en adéquation permanente avec leur nature profonde. Elle nous fait ainsi redécouvrir cet animal sublime que nous pensions, parfois, si bien connaître.

Le clan des Vagabonds ou les confidences de chevaux révoltés est un livre splendide pour nous ceux qui aiment les chevaux mais aussi pour toutes celles et tous ceux qui aiment les histoire d'animaux apportant tant de bonheur à ceux qui savent les regarder et surtout les respecter.

LA GRANDE GUERRE de Gilles Vauclair, éditions Ouest-France

En 1914, la Grande Guerre a été le premier conflit où des photographes amateurs ont pu immortaliser la vie des combattants. Ces poilus héroïques étaient acteurs et témoins de la vie des tranchées. Ils ont laissé un patrimoine iconographique riche de plusieurs milliers de clichés.

Au sein de l'armée, des officiers, sous-officiers possédaient un appareil photo et pour les plus nantis cet équipement était stéréoscopique. Ces appareils en vogue à la fin XIXe siècle permettaient de prendre des clichés au relief saisissant. Ils furent largement utilisés durant la Grande Guerre.

L'auteur, Gilles Vauclair, a une collection de 3 000 plaques de verre et de photographies stéréoscopiques. Pour « La Grande Guerre en 3D » il en a sélectionné 130, pour la plupart inédites. Grâce à la 3D, l'auteur entraîne le lecteur au cœur des combats et des tranchées. Avec ces images on partage avec émotion l'histoire et le quotidien de tous ces valeureux combattants.

Des prémices de la Grande Guerre, à l'invasion Allemande, la guerre des tranchées, mourir à Verdun la chute du Fort de Douaumont, en passant par les ruines de la cathédrale de Reims, au chemin des Dames, sans oublier la campagne de 1917, année du désespoir et enfin le 11 novembre 1918 la victoire et pour terminer l'après-guerre jusqu'en 1919. 140 pages d'un ouvrage historique, richement documenté et illustré de façon originale permettant ainsi de voir l'Histoire avec un autre œil et mieux se rendre compte de la vie combattante, quotidienne et valeureuse de ces Poilus entre 1914-1918.

La Grande Guerre en 3D de Gilles Vauclair est un ouvrage indispensable pour tous les férus d'histoire et pour ceux qui veulent découvrir d'une autre manière la vie de ces poilus héroïques.

Cet ouvrage est vendu avec une paire de lunette 3D.

Patrick DUBOIS

LA REDACTRICE EN CHEF A AIME

LA LETTRE A HELGA, de Bergsveinn BIRGISSON, Points, éditions Zulma

Cela ressemble à un bilan de fin de carrière, la carrière de sa vie amoureuse, familiale et sociale: Bjarni Gislason rassemble ses souvenir et, à la fin de sa vie qu’il estime proche, son bilan/confession se déroule sous la forme d’une lettre écrite à une femme aimée, Helga.

On lit la lettre, on en tourne les pages, on l’entend plutôt. Bjarni parle avec sobriété et concision. L’auteur décrit ce coin de terre rude de l’Islande où tout aussi rude est la vie de Bajrni, éleveur de moutons, ave Unnur, sa femme.

« J’ai senti les forces mystérieuses de l’existence au cœur des buttes et aux endroits ensorcelés et j’ai effarouché les génies tutélaires au moment où mon cheval s’est arrêté… J’ai appris à déchiffrer les nuages, le vol des oiseaux et le comportement du chien… J’ai perçu l’angoisse du feuillage aux éclipses de lune… J’ai entendu le ruisseau chuchoter qu’il est éternel… Je me suis trouvé un refuge hors du monde, là où les cygnes vont dormir… ».

Dans la ferme voisine, Helga, belle et épanouie, est son amour secret ; mais il ne la suivra pas, car son attachement à la terre sera son choix ultime et sublime, même enchâssé dans les meurtrissures qui lui sont infligées par son amour impossible.

Ce livre est une œuvre où presque tout est dit sur la passion humaine, dans un langage pudique, sans fioriture, c’est ce qui en fait le poignant ressenti si indéfinissable, à la lisière du drame humain.

La Rédactrice en chef

GERARD DE NERVAL, de Jean-Paul Bourre, Editions Bartillat.

Né à Paris en 1808 et mort pendu en 1855, Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval fut un écrivain et un poète, ami d'Alexandre Dumas et de Théophile Gautier, surtout connu pour ses recueils en prose « Aurélia », « Les filles du feu », ses nouvelles « Sylvie » et ses chroniques. Sa poésie est empreinte d'un romantisme noir. Il connut nettement moins le succès dans ses créations théâtrales ou dans la formation d'un journal qui favorisa sa ruine. Romantique et passionné par le paranormal, l'ésotérisme et les mondes parallèles, il se sent plus proche d'Hoffmann ou d'Holderlin que de Musset ou de Lamartine. Dans le dernier chapitre, l'auteur le présente aussi comme précurseur et sans doute inspirateur de Rimbaud et propose des parallèles très convaincants. Orphelin n'ayant jamais connu sa mère, il n'aura de cesse de chercher la femme idéale, mythifiée, placée sur un piédestal si élevé qu'elle en devient inaccessible. Pourtant il fut sans cesse entouré de femmes, mais se comporta toujours en amant platonique ou éconduit. Seule exception, qui n'est pas certaine à 100 %, une expérience sordide et sans doute lamentable d'une nuit (sans lendemain) dans un hôtel minable avec l'actrice Jenny Colon.

Toute l'existence du poète maudit, du « mal-aimé » comme il s'appelait lui-même, semble régie selon le principe de la roue, du mouvement perpétuel, de l'éternel retour. Par exemple, il met en scène la mort, rue de le Vieille Lanterne, en se pendant à la grille d'un soupirail, à quelque pas de l'endroit où il naquit, bouclant ainsi la boucle dans un des endroits les plus lugubres de Paris, le quartier des Boucheries avec ses ruelles tortueuses, véritables coupe-gorges, ses rigoles pleines de sang, ses carcasses abandonnées en tas ou jetées à la Seine, allégorie du dernier cercle de l'Enfer de Dante. Il meurt dévêtu, après avoir vendu sa dernière redingote, dans le froid et la neige, rejoignant ainsi le destin de sa propre mère morte de froid et de maladie dans la lointaine Silésie. Et ceci n'est qu'un exemple des paradoxes et malédictions de ce personnage présenté dans cet ouvrage de façon plus thématique que chronologique, plus impressionniste et poétique que biographique à proprement parler. Il n'en demeure pas moins que cet essai impressionniste ou ce portrait plein de nuances permet de redonner vie à un des personnages les plus attachants de la littérature française et dont l'importance est un peu sous-estimée aujourd'hui comme hier. Nerval n'a jamais connu ni la gloire ni la fortune contrairement à Dumas ou à Hugo. Dans cet ouvrage fort réussi, Jean-Paul Bourre lui rend brillamment justice en ne cachant rien des côtés obscurs du personnage (alcool, absinthe, drogues, outrances et autres crises ou provocations). Le tout conté de façon alerte et agréable, ce qui ne gâte rien et permet de ne pas lâcher ce livre qui se lit comme un roman. Les amateurs de poésie, les lecteurs qui s'intéressent au romantisme et aux précurseurs des ouvreurs « des portes de la perception », ces hippies avant l'heure, apprécieront sans aucun doute.

Nerval n'est que le cadet pythagoricien des grands prédécesseurs qui ont fait le voyage avant lui, Swedenborg, Dante ou William Blake. Et au XXe siècle on retrouve la même démarche chez H.P. Lovecraft. Terminons avec cette citation d'Aurélia : « Je compare cette série d'épreuves que j'ai traversées à ce qui, pour les Anciens, représentait l'idée d'une descente aux enfers ».

Tout cela n'annonce-t-il pas le Rimbaud d' « Une saison en enfer » ?

J.-P. C

Publié dans N° 348 - 1er Tri 2016

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